roots.lu

 

Genealogical Data from Luxembourg

Wer die Vergangenheit nicht ehrt, verliert die Zukunft; wer keine Wurzeln hat, kann nicht wachsen ! (Friedensreich Hundertwasser)
If we do not honour our past, we lose our future. If we destroy our roots, we cannot grow !
 
HOME
 
Family books
Parish registers
Census 1766
 
Shop
Order
 
National Genealogical Day
Questions & Responses
Guestbook
 
Jeanne MEYERS-KAYSEN
Georges EICHER
Emile ERPELDING +
Jean Marie GUEIBE +
Norbert HAMES +
Henri KAUFMANN +
Charles THIELEN
Fons WILTGEN
 
luxroots.com
more favorites
 
1 user online
 
 
web Admin
 
 
Le doyenné de MERSCH
Les “Aides et Subsides” annuels de la province de Luxembourg, contributions prétendument volontaires, s’élevaient en 1757 à quelque 490.000 florins, mais ne touchaient presqu’exclusivement les bourgeois et les paysans. Dans un souci de justice l’impératrice Marie-Thérèse ordonna le 12 mars 1766 à tous ses sujets sans exception d’établir un relevé de leurs biens terriers, afin de pouvoir fixer un taux de contribution sur les revenus respectifs de tout propriétaire foncier, y compris les nobles et le clergé. Ceci constitue le Cadastre de Marie-Thérèse proprement dit.

Dans le même souci et en complément de l’enquête sur la propriété foncière, par décret du 26 juillet 1766, le prince Charles de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas méridionaux (1741-1776) ordonna les mesures à prendre pour effectuer un dénombrement de la population du Luxembourg.

Le 5 août de la même année le Conseil Provincial de Luxembourg chargea les curés de l’exécution de cette charge dans leurs paroisses. Un “Comité pour le Dénombrement du Luxembourg”, présidé par le comte Philippe de COBENZL, se chargea de l’exécution de l’ordonnance et du rassemblement des listes. Manifestement les listes authentiques, réunies à Luxembourg et aujourd’hui perdues, ont été recopiées par les soins des greffiers, membres de ce comité, e.a. probablement Pierre LEISTENSCHNEIDER, encore connu par la publication subséquente d’un relevé des localités de l’ancien Duché. Cette procédure de copiage, manifestement destinée à plaire au récipiendaire, expliquerait la lecture et l’écriture souvent déficientes des noms des localités, voire des fautes de lecture évidentes des patronymes traités. L’écriture à fioritures pourtant bien lisible et qui annonce déjà les paraphes du siècle suivant, devait en imposer au Prince-Gouverneur et peut encore nous plaire aujourd’hui.

Mais, le défaut le plus regrettable que ces listes présentent pour le généalogiste est sans doute le fait que les épouses portent trop souvent le patronyme de leur époux, sans que leur propre nom de famille apparaisse. L’énumération du nombre des mariages par maison est un faible moyen pour rétablir d’une manière tant soit peu claire la situation familiale. En outre il est dommage que les liens de parenté entre les différents membres d’une famille et d’une maison ne ressortent pas des indications fournies. On peut parer à ce défaut en combinant les données de ce recensement avec les données trouvées dans d’autres sources: Registres paroissiaux, livres de justice, actes notariaux, etc. En tout cas ce recensement représente un complément très utile pour la connaissance de notre population, de la répartition des noms de famille, par une photographie assez exacte de la population des localités traitées pour cette époque. C’est enfin un ouvrage qui nous renseigne assez bien sur l’occupation, la profession des gens d’alors.

Le document renseignant sur le décanat de Mersch comporte 325 localités dont 8 sont situées sur l’actuel territoire belge, 18 en RDA et 299 au Luxembourg, raison pour laquelle nous avions commencé ce travail régional pour l’année de “Luxembourg, Ville Européenne de la Culture 2007". Rappelons nos autres publications déjà parues dans cette série: Les doyennés de Stavelot, d’Ouffet et de Bastogne. Le doyenné de Longuyon a été enregistré par Mme Carine DEBART-HOUBAILLE avec son équipe. Elle a encore en chantier les doyennés d’Arlon, de Graide et d’Ivoix. Pour notre part, nous envisageons encore de publier à moyen terme le doyenné de Bitbourg.

Le recensement du doyenné de Mersch comporte quelque 38.618 individus dont 11.984 hommes, 12.900 femmes, 7.227 garçons et 6.603 filles ; tout ce monde se répartit dans 5.920 maisons. Sont enoncés 6.366 mariages.
Le document peut être téléchargé après avoir passé votre
commande.
Ces documents permettaient quand même aux autorités autrichiennes, et partant aux généalogistes et aux historiens de nos jours, des calculs statistiques intéressants: le nombre des habitants selon les catégories d’âge, y compris les servantes et les domestiques, la proportion entre les différents sexes, le nombre de maisons et des couples qui y vivaient; combien y avait-il de familles complètes par maison, combien de célibataires; quelles étaient les professions et combien de gens les exerçaient; quel était le rapport des paysans et des artisans. La quantité plus ou moins élevé de gardiens de troupeau permet des conclusions sur le cheptel, etc.

En parcourant les données de Mersch concernant les professions des chefs de ménage et adultes vivant d’un métier, on constate que c’est vraiment le pays des gens de la terre: plus de 3100 se déclarent d’une profession de paysan. Ils sont entourés de quelque 98 domestiques, 315 valets et de plus de 555 bergers et gardiens de leur nombreux bétail: chevaux, vaches, brebis, cochons et chèvres. Les artisans travaillent donc en premier lieu les produits de la ferme ou servent les fermiers comme artisans: ainsi les travailleurs du lin et de la laine sont en nombre: 465 tisserands, 83 fileurs de laine ou de lin, 165 drapiers qui se concentrent à Esch/Sùre, Wiltz, Vianden et Larochette; les tanneurs et partant les cordonniers avec les savetiers sont légion. Quelque 205 meuniers et ouvriers des moulins travaillent le blé produit dans les parages ou font marcher les moulins à papier. N’oublions pas les 214 menuisiers aidés par 4 sculpteurs (WEILER à Ettelbruck, les JACQUES à Wiltz) pour fabriquer le fameux mobilier, antique de nos jours, qui excelle par sa qualité. Il y a aussi quelques curiosités parmi les 15.600 professions citées: Un corroyeur est aussi architecte pendant ses loisirs. A Vianden nous retrouvons notre armurier MARDER dont des armes se retrouvent au Musée National. La même petite ville s’offre un chasse-gueux. A Bissen travaillent les fondeurs de cloches GOUSELLE. Dans toute la région concernée les maîtres des hautes- et basses-oeuvres sont quand-même une quinzaine. A côté des potiers de terre de Nospelt (21) nous en trouvons encore à Beaufort, Bettendorf et Feulen.

Mais le travail du bois dans cette région amplement boisée n’est pas non plus négligeable: à côté des 29 bocquillons, des 50 bûcherons, des 16 forestiers et des menuisiers déjà cités, n’oublions pas les nombreux charrons, les tonneliers et les chapentiers, figurant chaque fois avec une soixantaine d’artisans. Le gagne-petit est représenté par 12 faiseurs de balais. C’est la période ou les paysans acquièrent une certaine liberté et partant une certaine aisance. Partout on est actif et on commence à construite en dur de nouvelles fermes et on meuble fièrement son nouvel intérieur. Les maçons et tailleurs de pierre sont indiqués par les chiffres 168 et 50. Beaucoup d’ artisans y trouvent leur occupation et leur revenu. Pourtant le nombre des étudiants et écoliers est encore assez restreint: 13 sont cités pour tout le décanat.

Au point de vue santé tout ce beau monde est encadré par 1 seul médecin à Wiltz, 10 chirurgiens dont 3 à Vianden, 1 à Bour, 1 à Diekirch, 2 à Ettelbruck, 1 à Redange et 1 à Steinsel, et 3 “praticiens”. Les richesses sont “administrés” par une quinzaine de notaires et ... plus de 130 prêtres, curés et bénéficiaires secondés par une centaine de vicaires, 10 chapelains, 40 “primissaires” et 9 ermites qui veillent à la santé “morale” de leurs ouailles.

En tout cas il faut constater que dans nos parages agricoles vit une population qui ne craint pas le travail et a l’habileté d’inventer toutes sortes de ressources pour se débrouiller et pour nourrir les familles parfois nombreuses. Nous les voyons très souvent vaquer à deux ou même trois métiers différents. La plupart des agriculteurs se font charretiers à la morte saison ou colportent les produits du terroir ou des marchandises de pacotille vers les villes et villages voisins.

En tout cas l’étude de ce dénombrement nous offre une vue nouvelle intéressante sur nos régions et les alentours immédiats de notre pays. C’est un de ces travaux qui font se rapprocher les gens d’une région. Et je crois bien que c’est, au moins pour notre pays, un effort urgent à faire et un manque d’attention envers les gens de nos pays voisins qu’il s’agit d’éveiller au plus vite.

Le document est disponible et peut être téléchargé après avoir passé votre
commande.
Fons
 
Send to a friend

Top

  Recommend this website